La documentation numérique : concurrences et rivalités
Notice Bibliographique : LE MOAL Jean-Claude. La documentation numérique : concurrences et rivalités. [en ligne]. Bulletin des Bibliothèques de France, 2002, T47, n°1. Disponible sur :
< http://bbf.enssib.fr/sdx/BBF/pdf/bbf-2002-1/09-lemoal.pdf > (consulté le 9 janvier 2006)
Auteur : Jean-Claude Le Moal est chargé de mission à la Direction de l’information scientifique et de la communication INRIA. Il est spécialisé dans les ressources électroniques.
Sujet : Le développement du numérique a entraîné des rivalités entre les professionnels de la gestion de l’information.
Mots clés : Document numérique, concurrence, web, autoédition.
Définitions :
Prépublication : désigne les versions d’un texte produit par un (des) auteur(s) avant acceptation par un comité de rédaction et éventuellement par un comité de lecture
OAI : L’Open Archive Initiative vise à favoriser l'accès aux publications électroniques (e-prints) en favorisant l’interopérabilité des différents dépôts de documents (bibliothèques virtuelles).
The Public Library of Science : est une association a but non lucratif qui a été créée en 2000. Elle a pour but de permettre le libre accès aux publications scientifiques et de les archiver dans des bases de données afin d'en faciliter la recherche.
Résumé informatif :
Les secteurs documentaires ont beaucoup évolué depuis le développement du web. L’accès au réseau a été facilité par la suppression des barrières du temps et de l’espace. Les producteurs de l’information ont la possibilité de s’adresser directement aux lecteurs sans passer par des intermédiaires comme les éditeurs, ce qui a provoqué des rivalités. Cette concurrence est à l’issue d’une période de transition pour les professionnels de l’information.
Les chercheurs scientifiques ont rapidement utilisé des bases de prépublications où sont stockés leurs articles afin de les rendre plus rapidement accessible à la communauté. Etant donné, que les éditeurs de revues scientifiques ont augmenté le prix de leurs abonnements, les bibliothèques se trouvent contraintes de souscrire à moins d’abonnements afin de respecter leur budget. La transmission des connaissances ne se fait plus par l’intermédiaire des périodiques mais par l’accès aux bases de prépublications qui sont en libres d’accès et gratuites. Par conséquent cette auto-publication concurrence la production des éditeurs commerciaux. Même si, ces revues sont toujours reconnues par leurs pairs, un mouvement des archives ouvertes (OAI) a été crée afin de pourvoir consultés librement des anciens articles.
La libre consultation des anciens numéros est également une préoccupation des bibliothèques car le numérique a transformé la possession d’un objet matériel a un simple droit de consultation. Une pétition a été lancée par The Public Library of Science (PLS) afin de pouvoir centraliser les archives scientifiques dans une base en libre accès et indépendante des éditeurs et des auteurs.
Les bibliothèques ont toujours mis à disposition gratuitement des périodiques à leurs usagers, par conséquent il doit en être de même pour les périodiques numériques. Les bases de prépublication ont commencé par ignorer les techniques documentaires cependant l’indexation par auteur n’est plus suffisant et l’indexation par mot-clé est envisagée.
Les bibliothèques proposent un accès libre à l’information à partir de documents tandis que sur le web, les portails offrent un accès à l’information par des liens (au lieu d’acquérir). Les bibliothèques ne se contentent pas de proposer des sources web, celles-ci sont recopiées sur leur propre serveur et sont cataloguées. Au lieu, de travailler en coopération les bibliothèques rentrent en concurrence en offrant les même sources numériques. Les bibliothèques ont intégré dans leur mission, les nouvelles technologies, afin de rendre accessible toutes les ressources aussi bien imprimées que numériques. Les bibliothèques possèdent des documents rares, la numérisation permettrait de les rendre accessible à tous. Des considérations financières sont à prendre en compte c’est pourquoi les bibliothèques doivent s’associer et non se concurrencer.
La concurrence ne ce fait pas exclusivement entre éditeurs, chercheurs et bibliothèques. Selon les éditeurs, le numérique permet de publier des ouvrages dont le tirage reste faible ou de produire exclusivement des livres numériques. L’apparition du support numérique conduit à une concurrence avec les supports traditionnels. Les libraires offrent un accès personnalisé aux livres imprimés tandis que le numérique permet la recherche automatique. L’autoédition, favorisée par le web, entraîne une multiplication des ressources par conséquent les bibliothèques ne sont plus en mesure de gérer toute l’information.
Les bibliothèques utilisent le numérique pour offrir des services supplémentaires à leurs usagers mais également pour se constituer une image dynamique. Un partenariat doit se développer entre les professionnels de l’information notamment dans la mise en place de norme, de métadonnées ou de format commun afin de gérer ensemble ces nouvelles ressources numériques.
Commentaires
Cet article de Jean-Claude Le Moal expose les enjeux issus du développement du numérique entre les différents secteurs informationnels. On comprend mieux les intérêts de chacun et leurs difficultés à associer leurs compétences afin de régir le monde du numérique.
C’est pourquoi il devient essentiel de mettre en place des normes communes afin de favoriser les échanges des ressources numériques et de créer un partenariat.